Nous sommes soumis à la critique infinie d'un réel. Le dehors « introjecté » devient un dedans projeté, le sujet son objet, le mot approprié et le monde autour, une oeuvre. L'art est un va-et-vient amoureux, le coït par excellence d'un deux qui se veut un, passionnément. Nous n'avons pas tous le courage de l'oeuvre, mais tous, face à la réalité devant, sommes dans la fournaise de la sensation et de la nomination que nous attisons de manières différentes, mais pour en sortir vainqueurs.

    Peu après ma naissance qui, me dit-on, survint en 1950, j'entrepris de m'intéresser à moi-même comme objet à portée d'oeil et de main. Je devins ainsi, par cette pratique universelle, mon modèle de prédilection, gênant et critiqué. Je fis ainsi apparaître une autobiographie de l'envergure qu'elle a aujourd'hui, parfois joyeuse, parfois tragique ou honteuse aux yeux de certains. Pour trouver plus vite ce que je cherchais, j'ai souvent enfourché le cheval de bataille de grands prédécesseurs tels Courbet, Ingres, Van Dyck, Nicolas de Largillière, Michel-Ange ou Boccace. Ils apparaissent au fil du temps sous couvert de titres divers qui ne les font jamais disparaître tout à fait:

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