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Mesdames, mesdemoiselles, monsieur

Ainsi commence le discours de Dieu au genre humain qui, comme chacun sait, est composé de deux sexes, pour le meilleur et pour le pire des protagonistes, ceux-ci tantôt opposés, à cause d'une incompréhension, dont le Grand Jocker n'a pas donné la clé, tantôt raccordés, copains et copines comme cochons, au grand dam de celui qui voulut les chasser de l’Éden, parce qu'ils étaient nus et le savaient, dansant la rumba dans son dos, les unes croquant des pommes et des prunes avec appétit, les autres levant la queue à tour de bras, en battant des ailes pour effacer toute trace de péché, dont il y a cependant des restes, le mal étant fait, et Dieu ne lâchant pas sur sa parole d'évangile qu'il mit dans les roues des hommes et des femmes, pour semer la zizanie prévue, le malentendu, le quiproquo, et, du coup, la panique du mâle et l'hystérie de la femelle.

L'un exhibe son machin et l'autre son rien, qui valent pourtant leur pesant d'or, quand machine et machin veulent bien moins faire les malins, comme si tout allait mal, les unes et les uns refusant alors de se débarrasser de l'intervention divine dans leur petite affaire ainsi que des oripeaux du féminin et du masculin opposés, à seule fin de continuer de se jouer leur sacrée scène, même si ça peut tourner au vinaigre dans l'arène, ce grand spectacle à guichet fermé, qui déclenche le rire jaune qui vire parfois au rouge-sang.

Ces dames et demoiselles le savent, mais font comme si, monsieur s'énerve et ne sait où donner de la tête, car il risque de se faire écharper, s'il s'approche trop près des Vénus et des Aphrodites, mais pas sûr, c'est bien là le problème mal posé par le Grand Niais, qui n'aime pas que le monde tourne rond, après pourtant l'avoir créé comme il faut, sans un boulon qui manque pour que ça aille normalement comme sur des roulettes.

Jacques Lacolley
25 mai 2018